Avant de monter : le tour de la machine
À la livraison, faites le tour de la machine avec le chauffeur ou l'agent du loueur. C'est le moment de poser vos questions et de noter tout ce qui existe déjà : rayures, bosse sur la lame, flexible qui suinte. Prenez des photos datées. Le guide assurance et casse explique pourquoi ces photos valent de l'or au retour.
Chaque matin ensuite, avant de démarrer, cinq minutes suffisent. Moteur froid et machine à plat, contrôlez le niveau d'huile moteur, le liquide de refroidissement, le gasoil et le niveau d'huile hydraulique sur le voyant du réservoir. Regardez sous la machine : une flaque d'huile signale un flexible fatigué, et un flexible qui éclate sous pression envoie de l'huile brûlante.
- Niveaux : huile moteur, liquide de refroidissement, huile hydraulique, gasoil
- Fuites sous la machine et le long des vérins
- Chenilles : tension correcte, pas de coupure dans le caoutchouc
- Godet : goupilles en place, clavettes ou freins de goupille présents
- Graissage des articulations si le loueur le demande (souvent chaque jour ou toutes les 10 heures)
Le poste de conduite et les commandes
Montez en gardant trois points d'appui, face à la machine, en vous servant des poignées et du marchepied, jamais des leviers. Asseyez-vous, réglez le siège et attachez la ceinture : la cabine ou l'arceau ne protège que le conducteur qui reste assis.
Vous avez deux manipulateurs, un de chaque côté. Sur la grande majorité des machines louées en France, ils suivent le schéma ISO : le manipulateur gauche commande la rotation de la tourelle (gauche et droite) et le balancier (pousser pour l'éloigner, tirer pour le ramener) ; le manipulateur droit commande la flèche (pousser pour descendre, tirer pour monter) et le godet (vers la gauche pour le fermer, vers la droite pour le vider). Certaines machines permettent de basculer sur un autre schéma : demandez au loueur lequel est réglé, et regardez l'autocollant dans la cabine.
Devant vous, deux leviers ou pédales commandent les chenilles, une par côté. À droite, un levier séparé commande la lame. Une pédale ou une molette sur le manipulateur commande le déport de flèche, qui décale le bras sur le côté pour creuser le long d'un mur. Enfin, à gauche du siège, la console ou le levier de sécurité : relevé, il neutralise toutes les commandes hydrauliques. C'est votre réflexe de base dès que vous lâchez les mains ou que quelqu'un approche.
La première demi-heure : à vide, sur terrain plat
Démarrez, laissez tourner le moteur deux ou trois minutes au ralenti, surtout par temps froid, puis abaissez le levier de sécurité. Gardez le régime moteur bas au début : les mouvements seront plus lents, et c'est exactement ce que vous voulez.
Faites chaque mouvement séparément, plusieurs fois, en allant lentement jusqu'en butée sans forcer : flèche, balancier, godet, rotation. Puis combinez-les deux par deux. Le geste de base d'une pelle combine flèche et balancier en même temps ; c'est lui qui donne un mouvement fluide plutôt qu'une succession d'à-coups.
Un bon exercice : creusez un petit trou dans un coin sans enjeu, puis rebouchez-le, puis recommencez en essayant de poser le godet sur une marque au sol. Au bout de vingt minutes, vos mains commencent à travailler sans que vous pensiez à chaque levier.
Se déplacer sans surprise
Le piège du débutant tient en une phrase : si la lame est derrière vous, les commandes de translation sont inversées. Poussez les leviers et la machine part en arrière. Avant chaque déplacement, regardez où est la lame. Le plus simple est de prendre l'habitude de rouler lame devant.
Pour avancer droit, poussez les deux leviers ensemble. Pour tourner doucement, poussez un levier plus que l'autre. Pour pivoter sur place, poussez l'un et tirez l'autre, mais évitez-le sur une pelouse ou un enrobé : les chenilles arrachent tout. Pendant les déplacements, gardez le godet replié, à une trentaine de centimètres du sol, tourelle dans l'axe.
En pente, montez et descendez dans le sens de la pente, jamais en travers. Godet bas, côté aval pour la descente, il sert de frein et d'appui. Si une chenille commence à décoller, posez le godet au sol immédiatement. Pour charger ou décharger la machine sur une remorque, lisez le guide transporter une mini-pelle.
Creuser proprement
Posez la lame au sol avant de creuser, côté fouille ou côté opposé selon la place : elle stabilise la machine et évite qu'elle avance à chaque coup de godet. Le cycle est toujours le même : balancier déplié, godet ouvert, vous descendez la flèche jusqu'au sol, puis vous ramenez le balancier vers vous en fermant progressivement le godet. Il se remplit en raclant. Vous levez, tournez, videz sur le tas, et revenez.
Prenez des passes fines, de 10 à 20 cm d'épaisseur. Une passe trop épaisse fait caler l'hydraulique, soulève l'avant de la machine et vous fait perdre la cote. Pour une tranchée, choisissez un godet de la bonne largeur plutôt que d'élargir à coups de godet de 60 cm : 30 à 40 cm suffisent pour la plupart des réseaux. Le guide creuser une tranchée détaille la suite.
Ne tapez pas avec le godet, ne vous en servez pas comme d'un marteau pour casser une dalle et ne poussez pas des souches latéralement avec la tourelle : l'hydraulique et les axes n'aiment pas les chocs. Une dalle se casse au brise-roche. Le rendement viendra avec l'heure de pratique ; une mini-pelle de 1,5 t bien conduite déplace déjà plusieurs mètres cubes à l'heure en terre ordinaire.
Stabilité : ce qui fait basculer une mini-pelle
Une mini-pelle est stable dans l'axe de ses chenilles et beaucoup moins sur le côté. Le risque de basculement apparaît quand trois choses se cumulent : un godet plein, le bras tendu loin, et une rotation vers le côté en pente. Rapprochez la charge de la machine avant de tourner, et tournez lentement.
Sur les machines à voie variable, écartez les chenilles au maximum dès que vous êtes sur le chantier. Ne travaillez pas au bord d'une fouille ou d'un talus qui peut céder sous une chenille. Et n'utilisez pas la pelle pour lever une charge suspendue (big bag, buse, regard) si elle n'est pas équipée et déclarée pour la manutention, avec point d'accrochage, dispositif de sécurité sur les vérins et tableau de charge : demandez-le au loueur.
La fin de journée
Garez la machine à plat, hors de la zone de passage, loin du bord des fouilles. Posez le godet et la lame au sol, relevez le levier de sécurité, laissez tourner le moteur au ralenti une minute avant de couper, puis retirez la clé. Le soir, une machine godet en l'air est une invitation pour un enfant curieux.
Faites le plein si vous gardez la machine plusieurs jours : une mini-pelle de 1,5 t consomme de l'ordre de 2 litres de gasoil à l'heure de travail, un peu plus en terrain dur. Si la machine doit être rendue pleine et propre, prévoyez un quart d'heure de nettoyage au jet sur les chenilles : un retour couvert de boue est souvent facturé.
Les erreurs qu'on voit le plus souvent
Oublier la lame derrière soi et reculer dans la clôture. Lâcher les leviers sans relever la sécurité, puis effleurer un manipulateur en descendant. Tourner avec le contrepoids qui passe au ras d'un mur ou d'une voiture : sur une machine qui n'est pas à rayon court, l'arrière dépasse des chenilles pendant la rotation.
Et surtout, creuser sans savoir ce qu'il y a dessous. Avant le premier coup de godet, faites la démarche décrite dans le guide DT-DICT pas à pas. Si vous n'êtes pas à l'aise, ou si la fouille dépasse 1,30 m, une journée avec chauffeur coûte entre 450 et 800 € HT et règle la question : voir la location avec chauffeur. Pour savoir si vous avez le droit de conduire l'engin, lisez le guide permis et CACES.